Pourquoi l’espace compte
La plupart des programmes de développement sont déployés sur un territoire : certains districts, certaines formations sanitaires, certaines communes. Leurs effets dépendent donc de facteurs eux-mêmes géographiques, comme la distance aux services, la densité de population ou l’accessibilité routière.
Ignorer cette dimension expose l’évaluateur à deux risques : attribuer au programme des différences qui tiennent en réalité à la localisation, et passer à côté des effets de débordement entre zones voisines.
Ce que l’approche géospatiale apporte
L’évaluation d’impact géospatiale associe les méthodes économétriques classiques à des données localisées. Concrètement, elle permet de :
- construire des groupes de comparaison géographiquement cohérents ;
- contrôler les caractéristiques de l’environnement (accessibilité, densité, infrastructures) ;
- détecter l’autocorrélation spatiale, qui biaise les estimations lorsqu’elle est ignorée ;
- mesurer les effets de débordement d’une zone traitée vers ses voisines.
Une application : le financement basé sur la performance au Cameroun
Le financement basé sur la performance (FBP) rémunère les formations sanitaires en fonction de la quantité et de la qualité des services rendus. Son déploiement progressif sur le territoire camerounais offre un cadre propice à une évaluation quasi-expérimentale.
Nos travaux sur ce programme combinent les données de qualité des soins de santé primaire avec la localisation des formations sanitaires, afin d’isoler l’effet du FBP de celui de l’environnement géographique.
Ce que cela change pour les décideurs
Une évaluation qui intègre l’espace ne dit pas seulement si un programme fonctionne : elle indique où il fonctionne le mieux, et donc où concentrer les ressources lors d’une extension.
Vous souhaitez appliquer cette approche à votre programme ? Contactez-nous.